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Mois d' avril, 2007

Peut-on enseigner l’Art ?

26 avril 2007

Dans l’ancien système des ateliers, on passait des années à apprendre la technique : le génie, comment devenir un artiste n’étaient pas des sujets abordés. L’opinion traditionnelle était que l’art en tant que tel ne pouvait pas s’enseigner. Ce n’est que récemment que cela a commencé à changer. Aujourd’hui, ce qui doit être fait pour enseigner l’art n’est pas clair.

Est-ce qu’il est mieux de s’en tenir à la doctrine qui dit que l’art ne peut etre enseigné ?
Est-ce que la question de la conception et de la composition prennent de l’importance ? Est-ce que l’on s’emploie à aider l’étudiant à trouver son style personnel ? Les questions se bousculent.

Cependant il est permis de supposer que l’évolution conduit l’homme à accorder de plus en plus d’importance à l’individu. Avoir un sens aigu et sain de soi est vital pour un artiste. Pourtant l’insécurité qui va de pair avec l’individualisme peut être immense. Trouver l’équilibre est quelque fois périlleux.

Peut-on enseigner l’art est une question importante. Si nous enseignons l’art, cela doit être bien fait et c’est une grande responsabilité. Je lève mon verre à la santé de tous les bons enseignants d’art.

Cheers,
Denis

Version en anglais : Can Art be taught?

À première vue

17 avril 2007

Dans toute l’histoire, les artistes n’ont guère parlé au sujet de leur art. Ils ont été absorbés dans la réalisation de leur travail. Il n’est inutile d’ajouter qu’ils ont beaucoup pensé à cette réalisation. Mais en grande part, l’art parle de lui même. Après tout, il s’agit d’un langage visuel. Cela a pu continuer de cette manière jusqu’à un certain point car quand les impressionnistes sont passés par la critique de la « nouvelle génération » des années 1880, les choses ont changé de façon dramatique. L’ère moderne demande que tout soit rationnel et justifié. Cela devient problématique pour l’artiste car c’est comme si il n’avait rien de plus à faire que de se préoccuper de ce que l’on dit de l’art.

Ajoutez à cela le fait que l’artiste devient obligé de devenir un homme ou une femme d’affaires et vous comprendrez la situation. Pour l’artiste ou le peintre professionnel, il est devenu nécessaire de passer au moins la moitié de son temps à s’occuper de ses affaires et de sa promotion. Tout cela pour dire qu’être un artiste aujourd’hui est devenu très compliqué. Il n’y a aucun moyen d’éviter cette complication de la situation de l’artiste. La tâche qui a une importance capitale au milieu de toutes ces activités est la création d’un art qui parle aux gens. Pour cela il n’est pas suffisant ni même pertinent de simplement faire quelque chose qui sera considéré comme novateur. Le très long dialogue au sujet de l’art qui doit être considéré comme décadent par rapport à l’avant-garde de l’avant-garde sonne creux à mes oreilles. Il y a des problèmes plus importants à résoudre en urgence et être un artiste de nos jours a quelque chose à voir avec l’identification et la résolution de ces problèmes. Les critiques d’art ne vont pas le faire pour nous. Ce n’est pas facile. Comment allons nous faire tout cela et en même temps être en mesure de régler nos dettes ?

Nous devons le faire. Ce n’est pas facile mais il n’y a pas moyen de faire autrement car toutes les niches où se cacher sont parties.

Et amusez-vous!
Denis

Version en anglais : On the face of things

Sur la vie et l’art

10 avril 2007

A mon avis, nous ne pouvons enseigner l’art à personne. Mais, ceci étant dit, nous ne sommes pas dispensés de passer notre vie à apprendre.

Dans ma jeunesse, j’ai étudié la littérature classique et la philosophie. Ensuite, depuis trente ans, j’ai été obsédé par l’art et la littérature du 19ème siècle dans l’espoir de comprendre mieux comment nous en étions arrivés à cette pagaie. J’ai passé beaucoup d’années dans la ville de Portland, dans l’état d’Oregon, aux États Unis à parcourir la librairie Powell, une des plus grandes librairies de la planète ainsi que la bibliothèque de la ville de Portland. Je vivais entre ces deux bâtiments qui se situent à environ 50 mètres l’un de l’autre et je faisais des allées et venues avec des piles de livres que je lisais dans mon appartement.

Pendant les années 80, j’ai commencé à me consacrer entièrement à la peinture. J’ai certainement attendu bien trop longtemps. Ce n’est pas que je n’avais jamais peint. Il me semble que j’ai toujours eu un crayon ou un pinceau à la main. Est-ce que je manquais de confiance en moi ? Je pense que j’étais paralysé par l’obligation de communiquer quelque chose de valeur.

Il m’est difficile d’entrer dans l’aventure du post-modernisme. Mais j’avais aussi quelques difficultés avec le modernisme. Cela prend du temps de se frayer un chemin au travers des pirouettes et du bruit que les écrivains et les critiques ont placés en toutes choses. C’est intéressant de voir comment les critiques d’art français sont devenus de plus en plus polarisés au milieu de 19ème siècle. Dans de futurs articles, j’examinerai, peut-être, cela en détails. Disons seulement que quelquefois la capacité intellectuelle d’une société progresse et que quelquefois, elle régresse.

En tout cas, j’ai vraiment commencé à, comment dit-on?, peindre sérieusement. La chance a voulu qu’à cette époque j’eusse comme voisine de pallier une peintre de New York, Kay Heally, une femme fascinante qui avait vécu à Shangai dans les années trente, mais ceci est une autre histoire. Elle avait été en étroite amitié et avait peint en compagnie d’Anna Meltzer, une peintre qui avait gagné une notoriété certaine, ce qui était assez remarquable si l’on considère que c’était une femme et ceci dans le New York des années 40. Elle avait eu quelques tableaux accrochés dans de nombreux musées. Mon amitié avec Kay m’a beaucoup aidé. Comme nous vivions porte à porte, nous nous voyions quotidiennement. Chaque soir, pendant plus de trois ans, nous nous retrouvions autour d’un verre et parlions de la vie. Nous avons perdu Kay l’année où je suis parti pour la France en 1994. Elle avait atteint l’âge respectable de 89 ans, une femme merveilleuse.

J’’ai alors appris que pour l’artiste la théorie et son application sont toutes deux importantes. Et plus encore, car quand vous donnez à chacune d’entre elles sa juste part, leur synergie fait qu’il arrive des choses étonnantes. On peut citer d’autres paradoxes permettant de les réconcilier : la représentation et l’invention. le moment présent et l’éternité, l’opposition entre le subjectif et l’objectif, l’intellect et l’émotionnel, etc. Je découvre maintenant la lumière au bout du tunnel. La lumière grandit un peu plus chaque jour. Tout cela devrait me permettre d’obtenir quelque chose qui me satisfasse et qui vaille la peine d’être communiqué.

Et amusez vous! Si vous ne vous amusez pas, le prix à payer est trop fort.
Denis

Version en anglais : On life and art

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