Peut-on enseigner l’Art ?
Dans l’ancien système des ateliers, on passait des années à apprendre la technique : le génie, comment devenir un artiste n’étaient pas des sujets abordés. L’opinion traditionnelle était que l’art en tant que tel ne pouvait pas s’enseigner. Ce n’est que récemment que cela a commencé à changer. Aujourd’hui, ce qui doit être fait pour enseigner l’art n’est pas clair.
Est-ce qu’il est mieux de s’en tenir à la doctrine qui dit que l’art ne peut etre enseigné ?
Est-ce que la question de la conception et de la composition prennent de l’importance ? Est-ce que l’on s’emploie à aider l’étudiant à trouver son style personnel ? Les questions se bousculent.
Cependant il est permis de supposer que l’évolution conduit l’homme à accorder de plus en plus d’importance à l’individu. Avoir un sens aigu et sain de soi est vital pour un artiste. Pourtant l’insécurité qui va de pair avec l’individualisme peut être immense. Trouver l’équilibre est quelque fois périlleux.
Peut-on enseigner l’art est une question importante. Si nous enseignons l’art, cela doit être bien fait et c’est une grande responsabilité. Je lève mon verre à la santé de tous les bons enseignants d’art.
Cheers,
Denis
Version en anglais : Can Art be taught?
30 avril 2007 a 11:43
« Peut-on enseigner l’art est une question importante. Si nous enseignons l’art, cela doit être bien fait et c’est une grande responsabilité. »
Beaucoup de questions mais peu de réponses… Bien faire les choses et se sentir responsable, cela n’est pas propre à l’enseignement de l’art. Ce sont des prérogatives que je considère essentielles à toutes formes d’action et de réflexion.
L’art d’aujourd’hui ( le contemporain depuis Kandinsky, comme on l’apprend à l’université ) est le fruit d’une vie. Peut-on apprendre la vie ?
2 mai 2007 a 14:00
Votre réponse va tout droit dans le vif du sujet. Je ne peux pas dire mieux.
C’est la perpétuelle question ! Dans ce contexte je pense à quelque chose que Herman Hesse a dit. Ce n’est pas exactement la citation mais c’est approchant : « Tôt ou tard l’artiste reconnaît les limites de la plupart des gens. En même temps, il ne doit pas s’y attacher car cela le conduit à une sorte d’incapacité à aimer. On peut dire que la vie est l’amour dans la mesure où nous ne sommes pas séparés mais reliés; cela veut dire que nous formons une unité avec la vie.
Merci, Denis.
5 mai 2007 a 12:33
Impossible d’enseigner : le mieux en effet est d’aider chacun à trouver ce qu’il est, et, en effet, celà correspond bien à notre société individualiste.
Deux mots quand même sur les « paradis » : combien j’ai croisé des gens peu doués persuadés qu’en fumant ou se droguant ils deviendraient de vrais artistes ; ils confondent l’inspiration personnelle avec des hallucinations, ce n’était pas le but de Baudelaire ou d’autres surréalistes, ces « paradis » ne faisaient qu’exciter ce qu’ils avaient en eux
22 mai 2007 a 10:18
very good articles about the philosophy of painting….
Voisin’Art 2007 from 27 of june to 7 oj july.We count on you!
31 mai 2007 a 13:17
effectivement, enseigner l’art est autrement plus difficile qu’enseigner l’histoire, ou les mathématiques. Parce que l’art n’est pas une science avec des règles, des théorèmes et des dates immuables. Je pense que la principale tâche d’un professeurs d’art et d’aider ses élèves à trouver en eux leur propre sensibilité, à leur apporter une certaine maîtrise des techniques qui leur permettront d’exprimer leurs visions personnelles du monde qui nous entoure, et tout ça sans jamais les influencer dans leur démarche, et c’est sans doute l’aspect le plus compliqué de l’enseignement artistique. L’étudiant doit aussi apprendre à s’affranchir de son apprentissage afin de développer son propre style.
6 juin 2007 a 13:57
Hello ann-ko,
For the first time in a long time we are on a true vacation: No painting stuff and no computer. So I just now read your very clearly written comment. Not many people think into this problem. I would venture to say almost nobody. So, bravo. And Thank you. You raise some important questions that I will amplify and address in an article.
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Pour la première fois depuis longtemps, nous prenons de vraies vacances: aucun matériel de peinture et pas d’ordinateur. Aussi je viens juste de lire votre commentaire très clairement exprimé. Peu de gens pensent à ce problème, je dirai même presque personne. Aussi, bravo et merci. Vous soulevez d’importantes questions que je développerai dans un article prochainement.
26 janvier 2009 a 14:46
Enseignant les arts plastiques depuis 25 ans, je pense qu’il n’est pas possible d’avoir une seule réponse. Tout dépend de l’élève que l’on a en face de soi, de son âge, de son caractère et de ses envies.
Je ne travaille pas de la même façon si un élève se destine à un métier d’art ou s’il vient pour se perfectionner dans une technique, ou simplement passer un bon moment dans l’atelier.
Certains ont une démarche académique, d’autres préfèrent avant tout la créativité et leur liberté intellectuelle. C’est passionnant à voir et il faut rebondir tout le temps pour bien répondre à leurs attentes. Il arrive aussi que ces élèves changent tout à fait d’optique et certains souhaitent tout à coup se libérer des contraintes acédémiques alors que d’autres, après avoir fait plein de découvertes plastiques ont envie de développer une technique de dessin ! J’ai constaté cela aussi bien chez les enfants que chez les adultes. C’est pourquoi, il me semble qu’il faut être attentif à chacun.