« Sur la Peinture

Mois de juin, 2007

Pensées récentes

24 juin 2007

Espérons que quand nous devenons plus intelligents notre intellect nous procure de plus en plus de plaisir. Se poser des questions est un processus de raffinement et de simplification. Il conduit naturellement à comprendre que c’est le processus en lui-même qui est la chose importante : l’expérience directe avec la vie.

Les artistes et les enfants ont beaucoup en commun : la curiosité et la joie spontanée des découvertes. Je voudrais que vous fassiez un petit test. S’il vous plaît, prenez un crayon et un morceau de papier. Maintenant signez votre nom comme vous le faites habituellement.

Très bien, maintenant essayez de signer votre nom à coté de la signature précédente en essayant de la reproduire avec exactitude.

Nous pourrions analyser psychologiquement ce qui s’est produit. Cependant, le point central est que quand nous nous appliquons, notre réalisation n’est pas la même. Je vous laisse conclure de vous même.

Dans la vie et dans l’art,
Denis.

Version en anglais : Recent Thoughts

Grandes réponses

15 juin 2007

Je suppose que je n’ai pas été éduqué à croire que les réponses n’existent pas. Quand nous étions petits enfants, aucun de nous n’était angoissé quand la maîtresse ou le maître écrivait l’énoncé d’un problème au tableau noir. Nous SAVIONS qu’elle ou qu’il connaissait la réponse. A un certain point, la plupart d’entre nous oublient que c’est aussi vrai dans la vie. Il ne peut pas exister un problème ou une question sans qu’il y ait une solution ou une réponse préexistante. Il ne peut en être autrement. Il y a beaucoup d’explications compliquées à la raison de notre oubli. Une explication souvent ignorée est que la plupart de ce qui façonne et sous-tend la réalité moderne n’est pas raisonnable. Fuller Buckminster a écrit sur ce sujet. Il a parlé des changements dans l’industrie pendant la première guerre mondiale. La nouvelle technologie est devenue invisible. (Et alors les maîtres de la technologie ont atteint le point où ils ne comprenaient plus ce qu’il se passait. Après quoi ?) Une autre grande raison de notre dévaluation de notre intelligence innée se trouve dans notre compréhension médiocre de ce qu’est l’art et de comment il fonctionne.

Un moyen souvent utilisé pour expliquer la culture moderne est de classer les gens en deux groupes : la catégorie des littéraires et des artistes et celle des scientifiques. Alors on oppose l’art et la science et on explique l’art en termes scientifiques. Tout ce qui a été écrit à partir d’un tel raisonnement est absurde. Point barre. D’accord, je comprends que ceux qui vivent dans une maison de verre ne doivent pas jeter de pierres mais ceci est trop important. J’ai lu des tonnes de critiques artistiques. La plupart d’entre elles, en particulier celles du 20ème siècle sont ineptes. Les gens de lettres ne distinguent plus désormais la forêt de ses arbres. Cela doit être la faute de notre système éducatif. L’expression verbale est dualistique par nature. L’imagerie visuelle sous la forme de peinture ou de photographie est en deux dimensions. On peut faire allusion au non dualisme ou à la troisième dimension mais on ne peut pas changer la nature du médium. Quand on essaie de le faire, pour ma part, cela devient une absurdité.

L’art n’est pas la technologie. L’art se mesure en termes du TOUT. L’art est relié directement au monde (tout ce qui est). Un travail d’art n’a AUCUN contenu. La confusion continue à ce sujet car les gens de lettres continuent comme s’il était possible de séparer la forme du contenu. IL N’Y A PAS DE CONTENU. Rien n’est caché. La fonction de l’art est de nous nourrir, d’enrichir nos sensibilités et nos consciences. Il n’y a pas de formule à suivre. Néanmoins c’est la grande réponse à la question de l’art. Ce dont notre monde moderne et quelque peu appauvri a besoin est une façon nouvelle et plus ouverte de regarder le monde. Avec un peu de chance, nous réaffirmerons notre connexion avec le sensible.

« C’est seulement les gens superficiels qui ne jugent pas par les apparences. Le mystère du monde est dans le visible, pas dans l’invisible. » phrase d’une lettre d’Oscar Wilde.

Version en anglais : Big Answers

Grandes questions

5 juin 2007

«La maisonnette-The little house», huile sur toile, 46cm x 38cm, juin 2007

Avec Cézanne, les peintres ont commencé à se soucier des problèmes humains. L’amélioration de la vie ainsi que du monde sont devenues des questions importantes. Ce sont des objets de préoccupation vitaux mais c’est une erreur pour le peintre de s’y attaquer de front. Notre souci est l’exploration de la perception et de l’expérience visuelle.

Les impressionnistes ont quelques idées fausses sur leur culture et sur les grandes questions philosophiques et littéraires. Cependant ils ont sagement évité de s’engager dans le dialogue philosophique et littéraire. D’autres mouvements qui ont été motivés par des considérations de nature religieuses ou politiques en ont retiré un succès limité.

Les domaines philosophiques et littéraires s’attèlent directement aux grands problèmes existentiels. Leur difficulté à comprendre et à expliquer ce qu’est l’expérience de façon adéquate conduit notre culture à sa perte. (Ici, j’utilise le mot « expérience » dans le sens donné par Kant.) Il semble que maintenant nous soyons incapables de résoudre les problèmes de vie fondamentaux. Nous vivons dans un paradis technologique au milieu d’une culture misérable, de guerres et de famines endémiques. Restons-en là…

Depuis l’adolescence, j’ai cherché à comprendre les questions philosophiques et littéraires. Je l’ai fait dans une perspective artistique avec un souci de la vie et en tant que moyen d’expression. Le médium artistique ne permet pas le dialogue philosophique ou littéraire. L’écriture a toujours été difficile pour moi. Ce n’est pas le médium de mon choix : la peinture l’est. Cependant parler des problèmes existentiels et en particulier avec quelques verres de bons alcools me procure toujours joie et stimulation.

L’importance de la libération de la couleur faite par les impressionnistes n’a pas été bien comprise ni d’ailleurs appréciée par les intellectuels d’hier et d’aujourd’hui. Cela soulève un certain doute sur la justesse le la compréhension de l’intuition par Kant. Alors, d’autres questions se posent. Mais ce n’est pas vraiment la mission du peintre de faire l’éducation verbale des intellectuels. Ils doivent trouver par eux-mêmes.

Pour ceux d’entre nous qui ne connaissent pas bien l’importance d’Emmanuel Kant, je dirai qu’il était le Copernic de la pensée intellectuelle et philosophique de l’occident : le point de basculement. Il a parachevé les explications rationnelles et empiriques de la connaissance humaine. Nous avons avec Kant une description idéaliste et psychologique de l’expérience: une expérience qui y est divisée entre le sujet qui connaît et l’objet de sa connaissance.

Denis

Version en anglais : Big Questions

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