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L’impressionnisme, c’était avant-hier

Je crois que beaucoup de mes lecteurs sont conscients du parti pris anti-intellectuel qui a été commenté tout au long du vingtième siècle. Récemment ce sujet a été repris une fois de plus par l’auteur américain Susan Jacoby. Elle a décidé d’écrire ce livre après avoir entendu par hasard je pense, dans un bar à New York le jour du 11 septembre 2001, une conversation entre deux jeunes hommes. L’un deux disait à l’autre que c’était comme Pearl Harbor. L’autre demanda alors : « Qu’est-ce que Pearl Harbor ? ». La réponse fut que c’était quand les vietnamiens avaient lancé des bombes sur un port et que cela avait été le début de la guerre du Vietnam. Surprendre cette conversation a été le choc qui l’a incitée a écrire un livre de plus sur la santé intellectuelle de notre culture. Un livre important avait déjà été écrit sur le sujet : le livre de Richard Hostadter : « Anti-Intellectualism in American Life » qui lui avait valu de gagner le prix Pulitzer en 1963. Nous savons maintenant que deux tiers des étudiants américains en dernière année de collège ne peuvent pas lire en deçà du niveau minimal. Bien que l’Europe soit en meilleur état, la tendance n’y est pas favorable.

Qu’est-ce que tout ceci a à voir avec la peinture et l’art ? Pour répondre à cette question de façon adéquate, je devrais écrire un article beaucoup plus long et avoir beaucoup plus de temps pour l’écrire. Néanmoins je vais continuer maintenant sur le sujet.

L’individu un peu doué se rend compte très tôt dans sa vie que la plupart de ses pairs ne sont pas au courant. Le super intelligent se garde bien de le savoir car, comme le dit Herman Hesse, cela conduit au désamour. Beaucoup d’entre nous se demandent comment se fait-il que tant d’entre nous soient devenus si stupides ?

Si par chance, quelqu’un est bien équipé intellectuellement, a plein de temps, vit longtemps, etc., à la fin il pourrait acquérir quelques aperçus de la solution de l’énigme complexe de l’ascension humaine. Ainsi finalement, il aurait quelques idées sur le sujet et qu’en ferait-il ? Une autre question se pose quand cet individu est par hasard un écrivain : ces aperçus sont-ils traduisibles en mots ? La sagesse conventionnelle d’aujourd’hui répondrait oui mais les intellectuels et les peintres du 19ème siècle auraient discuté cette affirmation avec ardeur.

En tant qu’ artiste peintre, je suis fortement désavantagé quand il s’agit d’ échanger des points de vue avec les érudits. Quelques unes de nos préoccupations sont similaires mais elles divergent très vite. Notre principale différence vient cependant du gouffre qui existe entre nos pouvoirs de persuasion. Nous ne sommes pas de la même force. Tout d’abord, comme je l’ai dit plus haut, beaucoup d’entre nous, peintres, sont devenus très intéressés par le sujet de l’évolution de l’homme et de la pensée. Beaucoup sont tout à fait préoccupés par ce problème. Je ne dis pas que les écrivains ne s’y intéressent pas mais leur orientation est évidemment tout à fait différente. Ils ne se soucient pas profondément des problèmes de l’ œil : les questions au sujet de la vue et du regard (voir à ce sujet Jacques Lacan, « Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse »).

S’il vous plaît, acceptez mes excuses pour ne pas écrire de façon plus claire ce que je pense. Je développerai ma pensée dans de prochains articles et j’espère que je serai plus clair. Il s’agit de quelque chose que je viens d’entrevoir récemment. Ma pensée continuera son chemin si je puis dire. Il apparaitrait que la divergence réelle provient de deux différentes manières d’être. Cela semble terriblement dualiste et bien sûr c’est en grande partie la structure de la pensée par le langage qui provoque ce dualisme. Étant donné ce qu’il en est, c’est à ce point la que nous arrivons au cœur du sujet. C’était en fait l’impulsion de la pensée moderniste et post-moderniste et l’écriture ne s’y intéresse pas. L’écriture contemporaine suppose que le problème se situe entre la vision et le mot. Et ils font un travail remarquable pour présenter cela comme étant l’évangile. Qu’ils le réalisent ou non, ces écrivains et ces érudits ont peur. Ils cherchent avec frénésie un moyen de sortir de la boîte qu’ils se sont créée eux-mêmes. Voyez-vous, l’impressionnisme, c’était juste avant-hier. Une façon différente de voir pourrait encore s’imposer.

Version en anglais : Impressionism was the Day before Yesterday

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