Esclave de la peinture Partie II

«Maisons modernes», huile sur toile de lin, 46cm x 36cm, 2009.
L’autre jour ma femme a lu sur FriendFeed que : « une société sans fondement d’art solide est un parking ». Je ne connais pas celui ou celle qui a dit cela mais il a tapé dans le mille. J’ai commencé à écrire ce blog (premier article posté en avril 2007) avec cette idée centrale essentielle. Je veux dire, que diantre, que ce que nous pensons que l’ Art est aujourd’hui est ce que nous voulons baptiser comme tel : un tas de pierres, un chat mort, n’importe quoi.
Beaucoup d’experts en art disent que Marcel Duchamp est responsable de cet état des choses. Ils laissent entendre qu’exposer un urinoir et le signer « R. Mutt » a été le début de cette glissade vers le néant. C’est vraiment une simplification idiote. Mais il est vrai que comprendre ce qui s’est passé depuis les deux cent dernières années dans la culture européenne n’est pas facile. Je ne me considère pas comme étant un intellectuel mais je suis un penseur avec de bonnes intuitions. Cela m’a pris précisément 50 ans de lectures et de réflexions incessantes pour arriver à appréhender le problème. Ce blog est un essai de clarification. Durant ces cinquante années j’ai été l’esclave de cette recherche : la peinture en est le médium symbolique et l’écriture le moyen de compréhension.
Il est intrigant de constater que si l’on mesure l’intérêt pour mes articles à la mesure des visites qu’il obtient, la balance penche considérablement du côté des lecteurs de langue française. Les visiteurs de langue anglaise sont très peu nombreux. L’interprétation en est difficile (pour une part je vis en France). Mais il est certain que je suis très heureux d’avoir un fort suivi en langue française. Ayant dit cela, mon but n’est pas d’obtenir une très forte audience. J’essaye simplement d’apprendre à parler au sujet des choses que je commence à reconnaître comme étant d’une importance capitale. Comprendre en est l’enjeu. La gloire et le gain d’argent n’ont jamais été les buts des peintres honnêtes.
Version en anglais : Slave to Paint Part II
8 novembre 2009 a 12:55
Dans notre société de rapidité et de médias il n’est pas facile d’être dans la création…comment dire… celle qui es vraie ? qui ne penche pas vers les goûts du jour mais progresse quand même ? comment faire ? Beethoven était choquant à son époque, les impressionnistes aussi, mais les hyperréalistes ne laissèrent rien (me trompe-je ?) malgré une mode cachant le reste années 70… et pourtant à l’époque j’ai été séduite.
alors vous ne seriez pas lu pas les anglophones…et davantage par les franco…
je ne crois pas que la raison en soit votre lieu de publication d’origine puisque vous publiez dans les deux langues donc mot-clés aussi…
j’ai peur qu’il ne s’agisse d’autre chose.
l’Europe a une autre histoire et sans souvent en avoir conscience une assise millénaire, qui nous permet de prendre un peu de champ sur les modes (même si nous tombons nous-mêmes dans ces modes)
quand j’ai l’occasion d’expliquer l’Histoire à des Asiatiques comment ne pas dire « 50 ans d’anglais qu’est-ce ? si peu au regard de l’Histoire de l’Europe » bientôt ce sera les Chinois et eux ont une histoire millénaire, les états-Unis n’étant qu’un prolongement de l’Europe même s’ils n’en n’ont eux-mêmes conscience…
il faudra des pages et des pages… je ne sais si mon résumé est compréhensif ?
9 novembre 2009 a 19:27
Tu peux écrire des pages et des pages!
. Merci pour ce commentaire Annie! Les investisseurs recherchent les modes et les tendances car il s’agit de faire des plus-values ! Ils se trompent quelquefois mais pour eux c’est un jeu.
14 novembre 2009 a 11:59
je découvre votre nouvelle présentation : je la préfère nettement au gris. La peinture de tête est belle (la matière en particulier) le beige de côté s’accorde parfaitement avec la peinture de cet article… pour les autres ce sera à voir
14 novembre 2009 a 12:03
après un petit tour ; vos bleus sont bien plus mis en valeur avec ce beige, de plus vous avez beaucoup d’ocre,
15 novembre 2009 a 15:46
@Annie Merci, choisir les couleurs n’est pas une mince affaire.
15 novembre 2009 a 15:49
J’ai trouvé les couleurs grâce à http://www.colorhunter.com/
en regardant ce qu’ils donnent sur les images des peintures de Denis!
15 novembre 2009 a 16:02
@Annie Je réponds finalement à votre premier commentaire :
Ce que vous dites est très clair. Notre compréhension de l’histoire en tant qu’européens est certainement très différente de celle des américains bien que vraiment similaire. C’est simple et pourtant pas si simple.
Je n’ai eu que très récemment le blog réalisé spécialement pour les anglophones. Avant la traduction des billets était offerte sur le blog francophone. En conséquence, le développement de l’audience anglophone peut prendre sans doute un certain temps.
Connaissez-vous les écrits récents de Jacques Rancière sur le « partage du sensible » (c-à-d « la politique de l’esthétique »)? Il est un peu difficile à lire mais vous pourriez trouver ces ouvrages intéressants. J’espère que vous avez ou avez-eu un très bon séjour asiatique.
–Denis