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La vérité du peintre

30 novembre 2010

Je comprends bien que, dans la plupart des régions du monde, être «politiquement correct» est incompatible avec une approche substantielle des sujets philosophiques. Est-ce que ceci a une influence sur notre façon de penser et de parler de l’art. Je crois que c’est peut-être le cas. Qu’en pensez-vous ?

Au milieu du 19ème siècle Sainte Beuve résumait l’état actuel des choses de la manière suivante «Le beau, le vrai, le bien est un bon slogan mais il est aussi spécieux. Si j’avais un slogan ce serait le vrai, le vrai seul et non pas accompagné tant bien que mal avec le beau et le bien.» (citation approximative). Il parlait je pense, de la valeur du vrai qui commençait à se faire jour dans les domaines scientifiques et artistiques. Il était proche des peintres. Corot parlait volontiers de l’importance de la première impression, vérité et exactitude. Bizarre quand si l’on considère son expertise pour rendre compte de ses impressions par les concepts classiques de composition et de design.

La vérité, exactement qu’est-ce que c’est ? Est-ce que cela a un rapport avec «Soit vrai envers toi-même.» ? Est-il suffisant de suivre l’opinion courante et de l’aromatiser avec l’idée la plus récente concernant le sens de ce qu’est le vrai ? Comment un peintre doit-il savoir ce qu’il doit peindre ? Est-ce vraiment aussi simple que le vrai ou l’imaginaire ?

Que de questions !

Version en anglais : The painter’s Truth

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2 Réponses pour “La vérité du peintre”

  1. Anne dit:

    Le vrai, ou est-il? La vérité, qu’elle est-elle?
    Vaste question en effet.
    Le vrai n’est-il pas déjà subjectif?
    Physiquement, il dépend du point de vue.
    Pour exemple, une photo est-elle une vraie représentation de la réalité. Elle est plutôt la vision qu’a voulu en donner le photographe en ne mettant pas la poubelle qui est juste hors champ. La notion de champ/hors champ est déjà une interprétation volontaire ou pas du « vrai ».
    Psychologiquement, le vrai est encore plus subjectif?
    Deux personnes vont vivre de façon très différente une situation. Et pourtant cette expérience est une (dans le sens unique) et donc à priori n’a qu’une seule vérité.
    Cela me fait penser à la vérité factuelle. A près tout, un fait est un fait, incontestable, avéré.
    Mais pourtant, en histoire, la vérité historique basée sur des faits réels est en constante évolution. En science, la vérité du moment ne sera pas celle de demain. La découverte d’une nouvelle « vérité scientifique » va bouleverser le vrai.
    Je pense qu’il faut se poser la question de la vérité que l’on accepte: sa vérité, celle de sa famille, de sa « tribu », de ses collègues, de sa culture, de son époque.
    En ce qui concerne l’art, avec mes faibles connaissances en ce domaine, je pense que l’essentiel est que l’artiste respecte sa vérité, son vrai à lui de l’instant ou il crée. (donc « sois vrai envers toi-même »)
    Je suis d’accord avec Corot sur la vérité de la première impression.
    On en revient finalement la plupart du temps à notre première impression des gens, du paysage, de notre assiette (ici visuelle), de notre futur logement, de son travail, de l’oeuvre que l’on regarde.

    Merci à Dennis pour cet article et à Françoise pour la traduction.
    Biz. Anne.

  2. Denis dit:

    @Anne Merci, je vais répondre dans le prochain billet.

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