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ENSEIGNEMENT

Plus sur l’enseignement de l’Art

30 janvier 2010

La question était mieux posée de la façon suivante : « Peut-on enseigner l’art ? » dans un article antérieur. Pour moi écrire pour ce blog a été en contradiction avec ma façon de faire. Je n’ai jamais éprouvé le besoin d’écrire une revue ou un journal personnel. En tout cas, je me souviens d’avoir écrit un article ayant pour titre « Peut-on enseigner l’art ? ». Qu’ai-je écrit à ce sujet ? Je ne m’en souviens plus et je n’ai pas envie de le relire. Peut-être qu’une meilleure question et qu’un meilleur titre aurait pu être le suivant : « Aujourd’hui, l’art peut-il être compris ? ». Tout jeu de mot étant exclu, cela est, j’en ai peur une question bien plus sérieuse pour encore quelque temps. La peur à ce sujet vient de ce que ce problème devient de plus en plus obscur bien que j’aie passé toute une vie à essayer d’avoir une pensée claire sur les sujets difficiles. Kant aussi bien que Descartes ont clairement positionné l’universel avec l’individuel et non pas avec le paysage socioculturel dans lequel il se trouve ! Et pourtant, au cours des temps intéressants dans lesquels nous nous trouvons vivre, n’est-il pas politiquement incorrect de discuter les problèmes philosophiques ? Quelle place cela laisse-t-il sur le sujet de l’Art ?

Version en anglais : More on Teaching Art

Peindre à l’aquarelle – dépasser le comment faire

17 décembre 2007

La question qui vient logiquement après celle du comment peindre à l’aquarelle est celle du quoi peindre. Garder en tête ces deux questions vous aide à accélérer l’apprentissage. J’ai beaucoup réfléchi à ces questions que se posent les artistes peintres en herbe. Des conseils m’ont été demandés par beaucoup d’entre eux au cours des années. Dès que l’on parlait de peinture. il y avait beaucoup d’heures et de jours passés à débattre ensemble de la question: comment devenir un peintre ? Finalement, enseigner et apprendre se confondent et je me rappelle ces rencontres avec tendresse.

J’espère que, si vous pouvez supporter mes errances, je peux vous proposer des réflexions qui peuvent vous aider. Récemment dans le billet intitulé Peindre l’univers, il y avait l’image d’une peinture appelée « L’homme et la nature » ainsi que les anciennes peintures qui ont été peintes il y a 10 ans à une époque où je me consacrais encore quasi totalement à l’aquarelle. J’étais arrivé plusieurs années auparavant à comprendre que je devais me concentrer sur l’apprentissage des matériaux (pigments, papiers, pinceaux, etc.) pour pouvoir m’en libérer. Chacun intègre à sa propre manière qu’il est vital d’apprendre les matériaux. Il a été dit que l’artiste est amoureux de ses outils.

Revenons au sujet de la peinture : Cette peinture ainsi que toutes celles de cette période ont été cruciales pour moi. Je me sentais libéré et étais pleinement conscient de ce qui se passait. Je suis un intuitif et donc une analyse consciente de ce qui se passe ne me parvient pas facilement. Être à fond dans l’action et se trouver (sic) est exactement ce dont il s’agit. Il y a quelques mois, j’ai écrit sur le sujet de l’apprentissage de l’aquarelle. Des conseils au sujet des matériaux ont été diffusés à cette occasion. Il y a tellement de bons livres et magazines à ce sujet que je ne vois pas d’intérêt à y ajouter quelque chose. Cependant si je peux vous encourager à les assimiler totalement et ensuite de ne plus vous en inquiéter … j’aurai alors accompli quelque chose.

Je répondrai aux courriers de tous ceux qui se sont engagés dans cette voie.

Ne laissez pas sécher vos pinceaux,

Denis.

Version en anglais : Beyond How to do Watercolor

Être en paix : principale règle de l’art

7 novembre 2007

«Matin brumeux-Misty Morning», aquarelle et pastel sec, 38cm x 29cm, papier pur coton, 2007

On a dit que la première règle en peinture est qu’il n’y a aucune règle. Il a été aussi dit qu’une peinture commence par une « idée ». Je pense qu’aucune de ces deux affirmations conflictuelles n’est juste. Je ne dis pas qu’une peinture ne puisse commencer par une idée. Je veux dire que l’idée n’en est pas une partie constitutive. A l’intérieur des limites d’un court article je ne puis que suggérer pourquoi je pense cela. Et même si je pouvais argumenter cette opinion d’une façon convaincante, beaucoup de gens encore ne seraient pas d’accord. Ainsi vont la plupart des convictions populaires fermement ancrées. Je reviendrai pourtant sur ce sujet dans de prochains articles. C’est un sujet d’une importance vitale.

La paix et la quiétude sont absolument des conditions préalables à la création non seulement pour l’artiste peintre mais aussi pour tout artiste. C’est exactement pour cette raison que je crois qu’il est impossible d’enseigner l’art. La sensibilité esthétique n’est pas quelque chose que vous pouvez apprendre. Les sensibilités artistiques sont le résultat naturel de la paix et du calme dans la vie de quelqu’un, calme et paix accompagnées un contact étroit avec la nature.

Vous ne pouvez pas enseigner ça en classe ou dans un stage. C’est impossible. C’est pour cette même raison que « l’on ne chante pas parce que l’on est heureux mais que l’on est heureux parce que l’on chante ».

Si vous êtes l’une des quelques personnes qui lisent réellement cet article je peux seulement vous dire ceci : Ce ne sont pas les choses que vous ne connaissez pas qui dans la vie posent des problèmes, ce sont les choses que vous croyez connaître et qui sont fausses.

Très, très peu de personnes peuvent vraiment saisir l’importance de ce que suis en train de dire. Presque personne n’y parvient car c’est trop simple. Nos esprits ont été trop conditionnés pour chercher à résoudre des problèmes complexes. Pourtant les grands cerveaux parmi nous qui poursuivent des problèmes scientifiques trouvent leurs solutions quand ils se détendent et pensent à autre chose. Cela a été certifié un nombre de fois incalculable. La plupart des découvertes scientifiques surviennent de cette façon.

Si je reviens au problème qui nous préoccupe : celui de la créativité artistique. Trouver l’essence de nos instincts créatifs peut être comme peler un oignon. Nous simplifions nos vies petit à petit. L’instinct pour les émotions positives et le travail créatif est inné. Nous ne pouvons pas le trouver en recherchant dans notre cerveau. Il est dans nos cœurs. Le calme et la paix en est la règle d’or. C’est la seule règle. Il n’y en a pas d’autre.

Version en anglais : Peace: Art’s First Rule

Conseils pour peindre : comment trouver les mots ?

14 juillet 2007

«Marche en Provence», huile sur toile, 65cm x 50cm, juillet 2007.

Au fil des années, on m’a souvent demandé des directives et des conseils. Pour moi, la meilleure façon de s’y prendre n’a jamais été facile ou claire. Je ne me suis engagé que très rarement à donner des conseils ou à essayer d’enseigner. C’est simplement beaucoup trop difficile. Réfléchir à ce problème m’a poursuivi depuis de longues années. Et je ne suis pas du tout à l’aise de paraître distant.

Il me semble que le problème majeur provient de l’importance que l’on accorde à la technique. C’est comme si tout un chacun avait un livre de recettes dans son approche des choses. C’est là l’essentiel du sujet : le fossé énorme qui sépare la connaissance de l’expérience directe et immédiate. Les principes abstraits de base se substituent à notre intelligence. Notre monde est maintenant menacé d’opacité et de confusion. Il est si opaque que les écrivains contemporains décrivent notre société comme étant un hologramme.

Depuis Platon, le peintre et plus particulièrement tous ceux qui sont suffisamment audacieux pour enseigner la peinture, ont été des membres marginaux de la société. Si la théorie du Gestalt est correcte, et je pense qu’elle l’est, la vision et la pensée ne sont pas des processus séparés. La perception est intimement associée avec notre apprentissage de la pensée. Il est quasi criminel que cela n’entre pas en ligne de compte dans nos systèmes éducatifs. Nous apprenons littéralement nos jeunes enfants à être stupides. Le peintre a bien des choses à enseigner et doit surmonter beaucoup d’incompréhension.

Entre parenthèses la semaine dernière nous passions quelques jours en chambre d’hôtes en Alsace. Nous avions mis la télévision pour obtenir la météo. Dans l’émission « Qui veut gagner des millions ? » était posée la question suivante : « En quelle siècle est né l’impressionnisme ? » et les réponses proposées étaient : « 17ème, 18ème, 19ème ou 20ème ». Le candidat ne connaissait pas la réponse. Il demande le joker 50/50 qui lui donne le choix entre le 18ème et le 19ème siècle. Il ne sait toujours pas et abandonne la somme de 12000 €. J’étais stupéfait. Je me demande si le candidat n’a jamais entendu parler de Monet, Manet, Pissaro, Degas ou Renoir ? Est-ce que quelqu’un doit faire partie de l’élite culturelle française pour savoir cela ?

Revenons à notre sujet d’aujourd’hui. La vision et la pensée ne sont pas des activités séparées. Quand nous voyons un « arbre », il un a un temps de décalage entre le stimulus sur la rétine et la reconnaissance « arbre ». Nous avons tendance à penser que ce décalage n’est pas important. C’est pourtant un indice important de quelque chose qui se passe durant ce temps infime ( voir Robert Pirsig : traduction d’extraits du Chapitre 1 du «Traité du Zen et de l’Entretien des Motocyclettes »).

La bonne nouvelle, si nous revenons au sujet du comment aider quelqu’un à peindre, est que si vous comprenez le problème suffisamment bien, vous serez en mesure d’aider les autres. Vous pouvez les aider à comprendre la difficulté qu’il y a à se relier à l’expérience directe. Cela est sans doute plus difficile que d’enseigner les techniques de la peinture mais je crois que l’effort en vaut la peine. Personnellement, je commence lentement à atteindre le point où je comprends suffisamment bien pour trouver les mots pour le dire.

Denis.

Version en anglais : Painting Instruction: Finding the Words

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