Sur la plage
30 octobre 2007Mon parcours artistique a pris son chemin de détour annuel depuis le mois dernier. Marcher en long et en large sur une plage de sable normande pendant le mois d’octobre me régénère.
Il semble qu’une grande partie de ma pensée a pour sujet le statut individuel de l’artiste. Comment l’individu peut-il défier le tsunami culturel mondial ?
Le type d’activité consistant à marcher sur une plage ou sur un sentier de montagne, m’a toujours aidé à relativiser. Il me semble que la principale victime de notre emprise technologique est le raisonnement intellectuel. Sans le support d’une intuition délicate et d’une sensibilité esthétique, la pensée rationnelle devient froide et creuse. Nous risquons de permettre que le culte de ce qui est nouveau contrôle nos vies aussi bien individuellement que collectivement.
C’est simple mais pas facile de conserver ce point de vue. C’est certainement vraiment très difficile car je vois que la plupart des gens y compris moi-même ne peuvent y parvenir.
Depuis un ou deux ans, j’ai passé beaucoup de temps à lire ce que les pontifes politiques et sociologues [sic] écrivent. Ils ne disent rien de vraiment différent de ce qu’ils écrivaient il y a 40, 100 ou 200 ans. Le contexte du moment a changé de façon dramatique mais les profondeurs sous-jacentes de nos sociétés n’ont pas évolué. Le changement n’est pas synonyme de progrès du point de vue de l’évolution. Il semble que nous sommes à peu près bloqués depuis bientôt 400 ans.
En tant qu’artistes, nous devons creuser au-delà de la surface des choses. Nous devons nous dégager du train-train de la société. Notre travail est de circonscrire la vérité la plus profonde de la réalité, de l’internaliser et ensuite de l’habiller fe façon symbolique.
Comme je l’ai déjà dit plus haut, c’est simple mais ce n’est pas facile.
A bientôt sur la plage,
Denis
Version en anglaisOn the beach
