« Sur la Peinture

PEINTRES

Esclave de la peinture Partie I

30 septembre 2009

Cela fait bien longtemps que j’ai lu l’excellent livre d’Estelle Jussim « Slave to Beauty » à propos de Fred Holland Day. Si vous pouvez mettre la main sur un exemplaire de ce livre, je vous en recommande la lecture. C’est une excellente description d’un état d’esprit qui divise le monde de l’art. La plupart des artistes je pense refuserait d’en reconnaître l’impact mais il est implicite dans le « dialogue sur la décadence » qui prédomine dans tout ce que l’on entend dire sur l’art contemporain.

Je crois que nous devons aller plus loin et passer à des questions plus importantes sinon l’art sera dénué de toute pertinence. Il est clair qu’il l’est déjà pour la plupart des gens et je ne pense pas que cela soit une conjoncture viable. Mais, encore une fois, le progrès dans l’art ne suit pas une ligne droite.

Version en anglais : Slave to Paint Part I

Le quotidien des peintres

6 septembre 2009

Beaucoup, si ce n’est la totalité, de ce que j’écris dans ce blog est orienté sur les grands sujets. Bien que ces questions soient importantes je reste toujours conscient que ces problèmes sont très éloignés de ceux qui se posent concrètement dans la vie des artistes. Les toiles en cours, le confort de l’atelier, la situation économique, l’interaction avec les clients et avec la société, l’exercice de la liberté d’expression, la qualité de sa formation, autant de problèmes qui demandent à être résolus. Cependant ces difficultés sont les pièces du puzzle qui pour une large part forment un tout avec les considérations philosophiques, théoriques et historiques, ces dernières y jouant pourtant le plus petit rôle.

Le « World Wide Web » a étendu en quelque sorte l’horizon de beaucoup d’entre nous. Ceci interfère cependant directement avec les interactions sociales auprès desquelles nous retirions notre substance il y a de cela quelques années. Cela s’est produit en partie par l’intermédiaire d’une pléthore de soi-disants experts et autorités. En conséquence obtenir une audience est devenu un processus d’une réelle complexité en quasiment un instant. Une méthode empirique pour l’artiste actif (c’est-à-dire l’artiste professionnel) était qu’il devait consacrer environ une moitié de son temps pour l’aspect affaires de son travail. Comme cela a bien changé ! Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais pour moi, le temps qu’il me reste pour peindre s’est considérablement réduit. Où cela nous mènera-t-il ?

Si nous laissons de coté la question du temps, un autre aspect s’est montré pour moi récemment sous son plus vilain jour. Il importe peu que vous soyez sincère, certains individus détestent de tout cœur ce qu’ils pensent que vous représentez : un monde de charlatans qui essayent de renverser l’ordre « naturel » et « normal » des choses de la manière qu’ils le perçoivent. Il ne leur est jamais venu à l’idée qu’il leur manque quelque chose d’important. On pourrait dire par analogie que leur ascenseur n’atteint jamais le dernier étage.

Maintenant, ce n’est pas que j’ai à redire sur cet état des choses. Après tout cela n’est pas nouveau. Je ne blâme pas non plus l’individu qui agit selon l’usage. Cependant je suis offensé par celui qui, ayant un niveau intellectuel très au dessus de la moyenne,  se soumet à l’esprit du temps (le zeitgeist). Il ou elle devrait en savoir plus. Honte, honte à ceux là.

Quelque soit le lieu et l’heure où je rencontre ce type de personne particulièrement insultante je suis poussé à les montrer du doigt, et ceci même si de nos jours je courre le risque d’être considéré comme une autre de ces soi-disantes autorités sans aucun fondement moral.

Je me surprend un fois encore à être plutôt vague dans mon propos. Mais dans ce cas précis je ne veux pas expliciter les détails hideux. Ils pourraient perdre de leur sens en étant écrits et aussi être sujet à des mésinterprétations culturelles. Il me suffit de dire que même à mon âge je trouve encore des raisons de me remettre en cause. Mais aller plus loin dans l’explication de mes justifications serait comme jouer contre moi. Un joueur de poker intelligent ne met pas en jeu son argent après un mauvais coup. Il en est de même quand on dépense de l’énergie en vain après les faits et dans un autre contexte. Faire cela consisterait à éviter les obligations de la vie au jour le jour d’une personne créative.

Version en anglais : The Day to Day Life of Painters

Désir du peintre

30 mai 2009

«Spring Meadow», huile sur contre-collé, 20cm x 16cm, 2009
«Spring Meadow», huile sur contre-collé préparé spécialement pour l’huile, 20cm x 16cm, 2009

Quelles sont les conséquences des aspirations du peintre ? Et qu’en est-il des motivations qui le conduisent aux perceptions et à l’exécution d’une œuvre en particulier? A quel moment la certitude et le sentiment de détermination surviennent ?

Lire la suite de «Désir du peintre»

Règles pour les peintres

17 avril 2009

«Ventoux Spring» huile sur toile, 30cm x 24cm, 2009
«Ventoux Spring» huile sur toile, 30cm x 24cm, 2009

La règle qui affirme qu’il n’y a pas de règle est une incitation vers ce que certains appellent l’approche Zen : le n’importe quand, n’importe quoi devient en quelque sorte une étique ou son contraire. En tant que peintres il me semble que l’on a du mal à appliquer cette « beat » philosophie (c-à-d qui n’est pas du Zen classique) d’une façon rigide. Bien compris, le point de vue Zen donne la liberté de « penser » en terme de ce qui est bon ou mauvais dans un domaine limité comme celui de la peinture et ceci même si le monde dans sa totalité est considéré comme étant au-delà du bien et du mal quand il n’est pas placé dans un cadre. Sans une forme quelconque d’intellectualisation l’aboutissement de toute peinture est aussi précaire qu’un jeté de dés.

Lire la suite de «Règles pour les peintres»

« Sur la Peinture