22 novembre 2007

La singularité de l’avant et des débuts des années 60 dans le mouvement artistique à San Francisco a été … Comment le dire ? Je peux le décrire de cette façon : il est entendu que ceux qui se rappellent des années 60 n’y étaient pas. Le « décor », si cela signifie quelque chose, était une expérience qui vous changeait la vie. Cela transformait les gens. Cela les reliait d’une certaine manière à l’univers tout entier. Ce n’était pas bien sûr l’expérience « hippie » ordinaire. Ce dont je parle est d’une façon exceptionnelle d’appréhender l’expérience intellectuelle et artistique : une poursuite intellectuelle qui était d’une certaine façon distante de la pensée rationnelle et directement tournée vers la vie. Par dessus tout, c’était la liberté …, la liberté d’avoir une compréhension individuelle de notre relation à la vie. Le travail de Jung sur les types psychologiques m’a alors beaucoup aidé dans ce domaine. Vive la différence !
Bien du temps après j’ai commencé à réfléchir sur le rôle de « l’esprit pionnier » dans ce contexte des années 60. Bon, réfléchir n’est sans doute pas le mot correct, j’ai plutôt eu l’intuition que les gens qui furent les premiers ouvriers de ce mouvement étaient infectés par quelque chose. Ce quelque chose a été appelé l’esprit pionnier. Il s’agit d’un changement psychologique subtil dans la relation des gens avec la nature et le monde dans sa totalité : l’univers. Ils ont commencé à se reconnaître comme étant une partie inhérente du tout. Les épreuves et les souffrances leur ont appris à se rapprocher intimement du monde, je dis intimement car en fait ils se sentaient alors comme en faisant partie.
A première vue, que nous fassions partie du monde semble si évident. Mais la culture européenne et par conséquent américaine a été pendant des siècles conditionnée vers une vision égocentrique et antropomorphique du monde. Les pionniers (dont une ou deux générations auparavant s’étaient dirigés dans des chariots vers l’ouest jusqu’à atteindre l’océan pacifique) recherchaient sans aucun doute inconsciemment une nouvelle vision des choses. Et cette nouvelle vision était consciemment engagée dans les débuts de l’avant-garde artistique en Californie.
Les commentaires sur ma peinture sont toujours les bienvenus. La créativité ne survient pas sans rien. Cela néanmoins me paraît surprenant que de nombreux commentaires signalent le manque de personnages dans mes peintures de paysages. Pour moi, il n’y a simplement pas besoin de personnages dans un paysage. Ils y sont déjà. Il n’y a aucune séparation visuelle, intellectuelle ou émotionnelle..
Version en anglais : Painting the Universe
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7 novembre 2007

On a dit que la première règle en peinture est qu’il n’y a aucune règle. Il a été aussi dit qu’une peinture commence par une « idée ». Je pense qu’aucune de ces deux affirmations conflictuelles n’est juste. Je ne dis pas qu’une peinture ne puisse commencer par une idée. Je veux dire que l’idée n’en est pas une partie constitutive. A l’intérieur des limites d’un court article je ne puis que suggérer pourquoi je pense cela. Et même si je pouvais argumenter cette opinion d’une façon convaincante, beaucoup de gens encore ne seraient pas d’accord. Ainsi vont la plupart des convictions populaires fermement ancrées. Je reviendrai pourtant sur ce sujet dans de prochains articles. C’est un sujet d’une importance vitale.
La paix et la quiétude sont absolument des conditions préalables à la création non seulement pour l’artiste peintre mais aussi pour tout artiste. C’est exactement pour cette raison que je crois qu’il est impossible d’enseigner l’art. La sensibilité esthétique n’est pas quelque chose que vous pouvez apprendre. Les sensibilités artistiques sont le résultat naturel de la paix et du calme dans la vie de quelqu’un, calme et paix accompagnées un contact étroit avec la nature.
Vous ne pouvez pas enseigner ça en classe ou dans un stage. C’est impossible. C’est pour cette même raison que « l’on ne chante pas parce que l’on est heureux mais que l’on est heureux parce que l’on chante ».
Si vous êtes l’une des quelques personnes qui lisent réellement cet article je peux seulement vous dire ceci : Ce ne sont pas les choses que vous ne connaissez pas qui dans la vie posent des problèmes, ce sont les choses que vous croyez connaître et qui sont fausses.
Très, très peu de personnes peuvent vraiment saisir l’importance de ce que suis en train de dire. Presque personne n’y parvient car c’est trop simple. Nos esprits ont été trop conditionnés pour chercher à résoudre des problèmes complexes. Pourtant les grands cerveaux parmi nous qui poursuivent des problèmes scientifiques trouvent leurs solutions quand ils se détendent et pensent à autre chose. Cela a été certifié un nombre de fois incalculable. La plupart des découvertes scientifiques surviennent de cette façon.
Si je reviens au problème qui nous préoccupe : celui de la créativité artistique. Trouver l’essence de nos instincts créatifs peut être comme peler un oignon. Nous simplifions nos vies petit à petit. L’instinct pour les émotions positives et le travail créatif est inné. Nous ne pouvons pas le trouver en recherchant dans notre cerveau. Il est dans nos cœurs. Le calme et la paix en est la règle d’or. C’est la seule règle. Il n’y en a pas d’autre.
Version en anglais : Peace: Art’s First Rule
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30 octobre 2007
Mon parcours artistique a pris son chemin de détour annuel depuis le mois dernier. Marcher en long et en large sur une plage de sable normande pendant le mois d’octobre me régénère.
Il semble qu’une grande partie de ma pensée a pour sujet le statut individuel de l’artiste. Comment l’individu peut-il défier le tsunami culturel mondial ?
Le type d’activité consistant à marcher sur une plage ou sur un sentier de montagne, m’a toujours aidé à relativiser. Il me semble que la principale victime de notre emprise technologique est le raisonnement intellectuel. Sans le support d’une intuition délicate et d’une sensibilité esthétique, la pensée rationnelle devient froide et creuse. Nous risquons de permettre que le culte de ce qui est nouveau contrôle nos vies aussi bien individuellement que collectivement.
C’est simple mais pas facile de conserver ce point de vue. C’est certainement vraiment très difficile car je vois que la plupart des gens y compris moi-même ne peuvent y parvenir.
Depuis un ou deux ans, j’ai passé beaucoup de temps à lire ce que les pontifes politiques et sociologues [sic] écrivent. Ils ne disent rien de vraiment différent de ce qu’ils écrivaient il y a 40, 100 ou 200 ans. Le contexte du moment a changé de façon dramatique mais les profondeurs sous-jacentes de nos sociétés n’ont pas évolué. Le changement n’est pas synonyme de progrès du point de vue de l’évolution. Il semble que nous sommes à peu près bloqués depuis bientôt 400 ans.
En tant qu’artistes, nous devons creuser au-delà de la surface des choses. Nous devons nous dégager du train-train de la société. Notre travail est de circonscrire la vérité la plus profonde de la réalité, de l’internaliser et ensuite de l’habiller fe façon symbolique.
Comme je l’ai déjà dit plus haut, c’est simple mais ce n’est pas facile.
A bientôt sur la plage,
Denis
Version en anglaisOn the beach
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16 septembre 2007
« L’art contemporain est devenu un moyen de juger si vous êtes à la page mais il n’est pas forcément devenu un signe de bon goût » (http://www.iht.com/articles/2006/11/01/news/entracte.php).
Maintenant, la sagesse vous conseille que si vous voulez investir dans la peinture contemporaine, vous ne devez pas acheter ce que vous aimer. Au contraire, vous devez suivre le chemin qui est suivi par les investisseurs qui sont au courant : vous investissez dans un peintre.
Lire la suite de «Suivez votre cœur : achetez la peinture que vous aimez»
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