L’esprit pionier de l’ art

28 février 2010

Mon enfance sur la Côte Ouest des USA m’a donné le sens de l’importance du rôle de l’esprit pionier dans l’art. Je ne suis pas du tout certain qu’une traduction ou qu’une explication de cette attitude est possible. Mais c’est ce qui a fait que l’art de San Francisco est si dramaticalement différent de celui de New York. Peut-être est-ce parce que la côte ouest était en quelque sorte libre à cette époque des forces du marché dans l’art prestigieux de la Côte Est et bien sûr aussi du reste du monde. Au moins c’était le cas il y a 40 ou 50 ans. La pensée critique n’y était pas dérangée.

Quand cet aspect des choses commença à changer rapidement, un déménagement s’imposa. La Côte Est était hors de question. Il n’y avait beaucoup d’eau qu’à l’ouest. J’ai déménagé vers le nord. Une vie presque nomadique qui s’arrêta avec mon arrivée en France il y a 16 ans suivit. Une fois de plus il est maintenant temps de déménager. Espérons que cela sera la dernière fois.

Mes années de formation se sont passées dans la campagne du nord est de la Californie près des montagnes de la Sierra Nevada. J’attends avec impatience de vivre dans un petit village français. Il s’agit en quelque sorte d’un retour aux sources.

Version en anglais : The Pioneer Spirit of Art

Plus sur l’enseignement de l’Art

30 janvier 2010

La question était mieux posée de la façon suivante : « Peut-on enseigner l’art ? » dans un article antérieur. Pour moi écrire pour ce blog a été en contradiction avec ma façon de faire. Je n’ai jamais éprouvé le besoin d’écrire une revue ou un journal personnel. En tout cas, je me souviens d’avoir écrit un article ayant pour titre « Peut-on enseigner l’art ? ». Qu’ai-je écrit à ce sujet ? Je ne m’en souviens plus et je n’ai pas envie de le relire. Peut-être qu’une meilleure question et qu’un meilleur titre aurait pu être le suivant : « Aujourd’hui, l’art peut-il être compris ? ». Tout jeu de mot étant exclu, cela est, j’en ai peur une question bien plus sérieuse pour encore quelque temps. La peur à ce sujet vient de ce que ce problème devient de plus en plus obscur bien que j’aie passé toute une vie à essayer d’avoir une pensée claire sur les sujets difficiles. Kant aussi bien que Descartes ont clairement positionné l’universel avec l’individuel et non pas avec le paysage socioculturel dans lequel il se trouve ! Et pourtant, au cours des temps intéressants dans lesquels nous nous trouvons vivre, n’est-il pas politiquement incorrect de discuter les problèmes philosophiques ? Quelle place cela laisse-t-il sur le sujet de l’Art ?

Version en anglais : More on Teaching Art

L’artiste est un exclu dégénéré

16 décembre 2009

De nos jours, en fait depuis bien longtemps déjà, vous devez avoir la peau dure quand vous poursuivez un chemin d’artiste peintre. Depuis que les artistes ont été relégués au statut de travailleurs, c’est en tant qu’artisans qu’ils sont estimés, et ceci jusqu’à récemment. Bien sûr il y a aussi toujours eu la poignée des sélectionnés qui sont avides de recueillir des lauriers.

D’accord, je commence à ronchonner. Je sais bien que cette situation n’est pas nouvelle. Depuis Platon l’artiste, le peintre a joué un rôle marginal. Mais au moins il avait un certain rôle en tant que marginal. Même considéré comme un artisan, il avait un rôle dans la société, et sans doute un rôle beaucoup plus sain que celui d’exclu.

Il y a quelques jours je suis tombé sur une traduction anglaise d’un important discours qu’Aude de Kerros a prononcé au mois de mars 2009 devant l’académie des beaux arts à Paris. Elle y parle du grand jeu de l’Art depuis la seconde guerre mondiale. Je vous recommande de lire ce texte. Alors j’espère que vous comprendrez que ce qui est dit au sujet de cette période s’applique aussi bien aux périodes antérieures et ceci au moins depuis Platon. Courbet a été emprisonné et s’est ensuite enfui hors de la France. Les enfants d’un village ont jeté des pierres à Cézanne, etc. Et je ne parle pas de tous les artistes inconnus qui sont morts de faim dans leurs mansardes.

Ce que je trouve particulièrement intéressant dans ce texte est qu’il insinue qu’il est entrain de se produire un grand changement dans le commerce de l’art. Il semblerait que l’éclatement de la bulle financière a perturbé les réseaux des good old boys qui ont eu la main sur les affaires artistiques à l’échelle globale. Il suggèrerait que l’art serait en train de se démocratiser. Imaginez cela, si cela arrivait et si vous êtes un artiste, vous ne seriez pas forcément un exclu dégénéré !

Version en anglais : The Artist as a Degenerate Outcast

Rapport entre le social et la peinture à l’huile

30 novembre 2009

Dans ce que j’ai écrit jusqu’à présent, j’ai considéré tout d’abord les rapports et les liens existants entre l’artiste et l’expérience visuelle ainsi que le lien culturel et social avec la peinture étant donnée sa place actuelle dans les arts. Je n’ai guère touché le sujet des influences historiques et politiques. Ces considérations sont devenues difficiles compte tenu du climat social et politique d’aujourd’hui. On peut y ajouter le fait que les intellectuels du dix-neuvième siècle ont évité d’analyser l’histoire sociale et sa pertinence vis-à-vis de l’art Avec très peu d’exceptions ils se sont contentés d’offrir une analyse du « chef-d’œuvre » en tant qu’histoire du social. Le contexte de cette histoire n’y figurait pas.

L’état d’esprit artistique qui consiste à être esclave de la beauté s’est développé dans la vacuité de cette situation politico-sociale que l’on peut qualifier de stérile. Oups ! Avec ce mot, je me montre enclin à la critique. Je voudrais pouvoir écrire clairement sans m’éloigner du sujet. Quand on commence à regarder ce genre de chose, il faut maintenir des idées claires. On ne peut vraiment comprendre que si l’on se garde de tout jugement et que l’on choisisse les mots avec précaution. Ceci étant dit, il serait bon de se demander pourquoi l’humanité trouve si difficile de coexister en paix les uns avec les autres. L’histoire sociale dans ce domaine ne présente pas une image très belle à voir.

Le rapport entre les idéologies, les groupes sociaux, les religions, la pensée philosophique dominante et la personne créative que nous pouvons observer devient pertinente si on la considère objectivement. Quand on parle « d’individu créatif », il est bon de se rappeler que nous n’avions pas grand-chose qui se rapprochait de l’art tel que nous le connaissons aujourd’hui avant guère plus que les deux cent dernières années. Nous avons besoin de comprendre les traces (écrits) que nous possédons et ce qui a précédé cet écrit (l’histoire sociale c’est à dire son contexte). Espérons que cela puisse être fait simplement. C’est sans doute simple mais pas si facile que l’on pourrait le croire.

Version en anglais : Social and Oil Painting Connection